Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 10:45

Et bien on peut dire que ce séjour en Espagne n’a pas été une partie de plaisir…

J’ai sombré jeudi dans une léthargie progressive liée à une attaque imprévue et bien agressive de microbes. Après une journée de sommeil peu reposant, vendredi matin, je n’étais pas en très grande forme : un peu de fièvre, légers maux de gorge, et surtout d’horribles maux de tête… rien de très inquiétant mais comme on devait partir, j’ai quand même contacter le médecin.

Elle est arrivée armée de masques et de désinfectant, me disant que j’avais tous les symptômes réunis pour une grippe A, la fameuse. Elle a dégainé des tas d'outils, précisé que, bien sûr, ça pouvait être une autre maladie mais affirmant que, dans le contexte, actuel peu de gens se payaient l'originalité d'une autre maladie que la star des ondes. Elle a tout de même convenu que je n'étais pas à l'article de la mort et que ça n'avait pas l’air  si grave que ça. Elle me fait une ordonnance à entrée multiples : si l’état est stationnaire paracétamol et vitamine C, si vous toussez plus, corticoïde, si ça s’aggrave, tamiflu. Tout y était, on a pris la route sans appréhension, d’autant plus que j’allais bien mieux. On a déposé l’enfants chez ses copains à Rabat avant de poursuivre vers le nord. Le voyage était un peu long, surtout parce que qu’on s’est bien allongé la route en passant par Tanger, mais c’était assez marrant de constater que, parmi les voitures qu’on doublait, une sur deux transportait un mouton !!! (sans hyperbole)

(photo prise au péage... snif)


Arrivés à la douane, ça commence à être moins drôle. Il fait nuit, froid, il y a du monde, la fièvre commence à remonter et le douanier nous dit que je ne peux pas sortir du territoire marocain parce que j’ai dépassé la durée autorisée. On est entrés sur le territoire le 29 août, on était le 27 novembre… mais allez expliquer à un douanier qu’il se trompe sans qu’il s’énerve alors que c’est lui qui a, dans la main, la seule chose qui ouvre toutes les frontières : Le tampon ! Tergiversations, explications, questions, appel d’un premier chef, appel d’un second chef et enfin, menaces : « si elle sort aujourd’hui, elle ne pourra pas rentrer sur le territoire demain ».

Je ne sais pas à quel point tout ça est clair pour quelqu’un qui ne nage pas dans la situation, j’ai peut-être éludé des passages importants. Vincent n’a pas de problème parce qu’il a un contrat de travail et des plaques jaunes en plus ! Lui, il peut faire ce qu’il veut et passer la frontière 25 fois dans la journée, on lui sourit en lui faisant signe de passer. Moi, je n’aurais pas de problème si j’étais mariée avec quelqu’un qui a aussi peu de problème mais le pacs n’est pas reconnu… J’aurais également moins de problème si on acceptait de me faire un contrat de travail mais personne ne veut : ça leur coûte trop cher…

Bon, revenons à notre frontière… on a poireauté une heure et demi dans le froid ce qui évidemment, n’a pas vraiment amélioré mon état de santé. Ils nous ont finalement laissé sortir (ils n’avaient pas vraiment le droit de ne pas me laisser sortir puisque je n’avais pas dépassé le délai) mais en nous disant bien que je devais rester 4 jours avant de rentrer à nouveau au Maroc. L’unique autre possibilité étant que je prenne le bateau jusqu’à Algeciras puis de là jusqu’à Tanger où Vincent pourrait venir me récupérer… je ne sais pas si c’est possible de suivre un tel imbroglio !

Bref, il était tard le soir, on est rentrés en Espagne, on a garé la voiture, on a trouvé une chambre. Tout ce dont j’ai été consciente, dans ma torpeur, c’est que dès que la frontière est passée, on n’est plus du tout au Maroc. Etrangement, les gens ne parlent plus du tout français mais ça ressemble quand même beaucoup plus à la France !

Des voitures qui roulent tout doux, des décorations de Noël partout, des mini jupes, des filles qui font leur jogging en survêtements moulants, des illuminations extravagantes, des femmes aux terrasses des cafés en train de boire !

Je ne pourrais pas en dire beaucoup plus, je me suis effondrée dans un sommeil fiévreux et j’ai somnolé les 24 heures suivantes de la voiture au lit et du lit à la voiture.

Le lendemain matin, on est retournés au poste de frontière pour passer dans l’autre sens, et comme prévu, on nous a dit que je ne pouvais pas rentrer sur le sol marocain. Deux possibilités s’offraient à moi : rester 4 jours à Ceuta ou remonter en Espagne en bateau pour revenir par Tanger (sans avoir la certitude que je n’aurai pas de problème à la douane de Tanger)… mais la seule chose que je pouvais faire sans trop de difficultés c’était roupiller dans la voiture ! Palabres, sourires, attente. Une heure après on nous a finalement laissé passer tous les deux… dans un grand grand soulagement général.

Depuis, je n’ai plus de fièvre mais la toux et le mal de tête persistent !

Notre première vision, à l’entrée au Maroc, c’est un boucher avec un grand tablier blanc maculé de sang et un long couteau dans la main !

Ca nous a tout de suite remis dans l’ambiance mouton de l’Aïd ! Pendant qu'on se débattait  à la frontière, 6 milions de moutons ont été abattus au Maroc ! 

Par Marie
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 21:19
Un petit garçon malade (maintenant bien rétabli) et mes premières corrections du cned m'ont bien largement occupée cette semaine...
J'ai, en prime, un nouvel élève qui n'a que 9 ans ! Un enfant scolarisé à l'école italienne qui parle parfaitement italien... ses parents trouvent qu'il pourrait progresser à l'écrit et lui payent une heure d'italien en cours supplémentaire le soir. Lui qui va déjà à l'école italienne de 8h à 14h, puis l'après-midi dans une école privée pour des cours de français, il est vraiment fatigué le soir. Ils feraient sans doute mieux de le laisser jouer.
Après 12 étapes administratives complexes nous faisant passer de bureaux en bureaux (douanes, impôts, mines, achat de vignette, tamponnage de papier à Rabat nécessitant un aller retour spécial avant 11h, remise à jour de l'assurance et j'en passe)  nous avons enfin obtenu les
fameuses plaques jaunes. Tout le monde nous dit que ces plaques jaunes ouvrent toutes les portes au Maroc... il ne peut plus rien nous arriver ! On se gare où on veut, on entre dans toutes les cours fermées et on ne se fait jamais inspecter de près par les policiers. Une aubaine offerte par le lycée français !

Il était nécessaire que nous posions ces plaques avant notre prochain voyage... samedi nous allons à Ceuta.
Ca fera précisément trois mois que nous sommes arrivésdimanche et je dois imprativement rentrer en Europe pour que mon passeport soit tamponné.
Ceuta est une enclave espagnole au nord du Maroc, à 5 heures de route de Casablanca.
Tout le monde est intéressé par notre virée et nous avons des commandes de jambon, de fromage et de bière incroyables !

Je suis passée devant les Beaux Arts et devant la cathédrale de Casablanca tout à l'heure et j'ai enfin pu faire quelques photos, promises à Giovanni il y a au moins un mois...
C'est une des deux églises de Casa : Sacré Coeur. De l'extérieur elle est très très grande et comme elle borde le parc de la Ligue arabe où il n'y a pas d'immeube, on la voit d'assez loin, au milieu des arbres.

A l'intérieur, on a vidé tout ce qui pouvait ressemblait à l'intérieur d'une église. Il ne reste que des colonnes blanches, des murs blancs et un plafond blanc rendant encore plus voyants les vitreaux très colorés  sur tous les murs. Comme c'était un peu trop vide comme ça, on a monté de hauts murs en plâtre qui obligent le spectateur (on ne peut pas parler de pélerin, ça ressemble à tout sauf à un lieu de culte) à slalommer pour arriver jusqu'au choeur où, à nouveau, on ne peut qu'être surpris par le vide. C'est très étonnant.
Le gardien m'a proposé de me laisser monter en haut de la tour contre un petit billet... j'ai refusé face à son air intéressé mais il doit y avoir une très belle vue.
Et enfin, un scoop : les taupes du Pêcher ont déménagé devant l'Institut Français :





Par Marie
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 17:01
A deux pas de chez nous :

Par Marie
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 13:00

Tel quel est un hebdomadaire marocain qui ose assez librement parler de sujets tabous. Le dernier numéro que j’avais lu était sur les bordels à Casablanca pendant le Protectorat français.

[Tiens, ça me fait penser qu’aujourd’hui, 18 novembre, est un jour férié au Maroc. Il ne commémore pas la fin du Protectorat de la France sur le Maroc en 1956 (comme je croyais au début), mais le retour d'exil, triomphal, du sultan Mohammed V en 1955 après sa destitution par Paris et son séjour forcé à Madagascar.]

J’ai appris, à l’occasion de cet article, que la chanson de Brel « au suivant » portait sur un très célèbre bordel à Mohammedia, à mi-chemin entre Casablanca et Rabat. La « madame André » dont il parle était apparemment très connue.

Le dernier numéro est sur le corps, la nudité dans les pays arabes.

Il n’y a qu’à voir la couverture pour comprendre qu’il détonne dans le paysage local :

http://www.telquel-online.com/

Apparemment, un magasine libanais fait bien plus osé. Le journaliste de Tel quel présente « Jasad » comme une revue érotique qui a décidé de briser tous les tabous.

« Les Arabes doivent cesser de traiter le corps comme s’il s’agissait d’une chose honteuse » dit la patronne de cette revue.

Et c’est d’autant plus intriguant quand on constate que le problème vestimentaire est vaste. Au lycée français, la veille des vacances, une centaine d’élèves a débarqué en short (après un accord sur facebook, évidemment ! Facebook est dans tous les bons coups !). Le proviseur leur a interdit l’entrée dans l’établissement. Il propose, suite à cet incident, de réunir des profs pour discuter de ce problème ensemble et prendre des décisions qui seraient ensuite suivies par tous. Il explique que la communauté française doit se positionner en fonction de sa place dans le pays qui l’accueille et garder en tête qu’elle doit donner une bonne image de la France. D’après ce que j’ai compris, certaines jeunes filles viennent avec des décolletés un peu trop plongeants ou des jupes un peu trop courtes… J’ai entendu parler du même problème dans tous les établissements que j’ai traversés en France mais ici, ça prend une résonance différente…

Par Marie
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 12:32

On est allés à la banque  pour ouvrir un compte. On donne le nom de notre résidence : « Venise ». La dame nous demande « Denis » ? Et le gardien répond « non, Venise, comme Venezia » avec un bel accent. Evidemment, je ne résiste pas à la tentation de lui demander en italien s’il connaît Venise. Et hop, il n’en fallait pas plus pour que ce marocain de 45 ans se mette à me raconter sa vie, dans un italien parfait.

Il habitait et travaillait depuis 18 ans en Italie quand il a été soupçonné de terrorisme pour avoir regardé un peu trop de vidéos suspectes sur internet. Lui dit qu’il était seulement curieux et voulait obtenir des informations qui n’étaient pas données aux infos sur la télé berlusconienne. Il a été envoyé en prison 16 jours puis reconduit manu militari au Maroc avec toute sa famille. Fin de l’épisode : à l’arrivée à Casablanca, les service secrets essayent de lui faire avouer ce qu’il ne dira pas puisque, selon son récit, sa seule faute était d’être trop curieux.

Il a écrasé une larme en se cachant des autres employés, m’a remercié de l’avoir écouté et m’a dit qu’il avait bien vu, dès mon entrée dans la banque, que j’étais italienne ;o)… et que l’Italie lui manquait, depuis 2 ans et 8 mois qu’il l’avait quittée...

Sans transition. Une de mes élèves des cours du soir, une jeune fille de 33 ans ( !), va faire le voyage inverse. Elle veut partir vivre à Milan pour s’installer avec son petit ami qui est justement Milanais. Elle y est allée pendant une semaine pour le voir. Elle est revenue effrayée par les prix pratiqués, la taille minuscule des logements et la vétusteté des immeubles. Deux autres élèves, de moins de 30 ans, sont mariées avec des marocains qui travaillent en Italie et apprennent l’italien dans l’espoir de les rejoindre… Une autre a inscrit ses enfants à l’école italienne parce qu’elle est fascinée par la culture italienne. Un autre, enfin, m’a dit que les Marocains qui étaient installés en Italie n’étaient « pas les meilleurs »…

Tout ça avec un bon mélange de milieux culturels et sociaux.

Il semble que l’Italie soit source de fascinations et de frayeurs conjointes…

 

Par Marie
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