Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 16:48

Petits poussins tombés dans la peinture en quête d'identité. 


Par Marie
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 23:11
Notre mission du jour était de faire des photos d’identité pour Arthus. On nous a envoyés au premier étage du marché Badr où on a découvert des boutiques incroyables : de minuscules photographes, beaucoup de couturiers, et quelques inédit comme celui-là :

 

Et puis, bien sûr, il y a un dentiste. J’ai remarqué qu’il y a, autour de chez nous, un dentiste par rue. Ca semble être la médecine la plus pratiquée avec des affiches en tout genre pour inciter les gens à venir. J’ai vu tout à l’heure en grand sur un immeuble : « des gens blanches en dix minutes ». Un peu comme un coiffeur qui proposerait une teinture !

J’ai trouvé cette affiche terrifiante :

 

Même avec la pire rage de dents, il faudrait me payer cher pour que j’aille le voir.
Yann et Claire nous disaient que les dentistes avaient besoin de travailler et qu’ils proposaient très souvent des soins bien plus coûteux que ce qui était nécessaire pour gagner plus d’argent. Ca ne m’incite pas à aller les voir !

Et puis nous avons découvert le quartier des Habbous.

On nous l’avait présenté comme une médina très aseptisée et en effet, pendant les premiers mètres, ça ressemblait à la médina de Rabat en beaucoup mieux rangé et plus calme, presque trop propre !

 

Mais ça n’a duré que deux rues. Peut-être nous sommes nous éloignés inconsciemment. Quelques minutes plus tard, nous nous sommes retrouvé dans un marché impensablement grand ! Je pense ne jamais en avoir vu un pareil : c’était à perte de vue ! Il y avait des étales protégés de leurs parasols dans toute la longueur d’une rue tellement immense qu’on n’a pas réussi à en trouver le bout et, à chaque artère, les rues perpendiculaires offraient de nouvelles perspectives de vendeurs de chaussures, de tissus, de vêtements, de boîtes en plastic et surtout d’épices.

A un moment, nous nous sommes infiltrés sous une halle couverte sur le côté où il n’y avait que des vendeurs d’épices.

 

Ils proposaient aussi de l’eau de fleur d’oranger, du henné ou de savon noir vendu dans des seaux. (C'est vraiment intrigant cette texture, on en a acheté une louche pour essayer !)

 

Ce n’était plus du tout le marché pour touristes qu’on nous avait décrit. Nous étions bien les seuls à ne pas parler arabe. Une foule compacte, des gens qui hurlaient dans tous les recoins, des enfants qui jouaient sous les tables des étales, des vendeurs qui fendaient la foule avec des chariots (et toujours, pour moi, cette terreur de perdre un pied au passage !) et partout des pâtisseries en tout genre.

La grande majorité des femmes portent le caftan (la robe à capuche) mais on en a vu bien plus ici qui portaient un voile intégral qui me fait froid dans le dos. Une immense enveloppe noire les emprisonne et seul leur regard perce (quand un voile transparent ne le couvre pas aussi). Ca me fait beaucoup plus d’effet qu’à Vincent. Il trouve ça dur, je trouve ça insoutenable.

Sur le retour, le chauffeur de taxi nous a exprimé son mépris des « africains ». Des cafards qui vivent la nuit et qui sont malpolis et dangereux. Mais « je ne suis pas raciste » s’est-il empressé de commenter. Il a bien fait de donner cette précision qui n’était pas si évidente.

On s’est contentés de l’écouter sans rien dire.

Par Marie
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 22:31
Vieil arbre planté rue Ali Abderrazzak (proche de l’école Gautier) recherche des branches pour ne pas sembler estropié. Venir muni du matériel de greffe (ficelle, scotch, colle…)

Petit taxi rouge recherche chauffeur méticuleux, soigneux et adroit pour prendre soin de sa carrosserie. Ecraseurs d’enfants s’abstenir.

 

Cornet de frites diurne recherche européen ou subsaharien pour le manger avant la nuit par crainte de finir en citrouille.

 

Sac poubelle éventré recherche éboueur altruiste pour l’accompagner dans une benne à ordure. Contacter la cabine téléphonique de la rue Essanaani.

 

Urgent, trottoir en miettes aimerait trouver un ouvrier confirmé pour le remettre en état de marche. Infiltrations d’eau inquiétantes.

 

Ordinateur puissant recherche ADSL pour courir sur internet.

 

Bureau administratif achète des flacons de patience distillée pour les distribuer à ses clients non encore habitués à ses rythmes.

 

Fauteuil de bar réduit à l’inactivité pendant un mois aimerait trouver un client pour un stage de remise à niveau avant la reprise du travail. La mission consistera à s‘asseoir et à se relever sans cesse pendant des tranches de 5 heures.
 

 

Immense flaque recherche un enfant assoiffé avec une longue paille pour l’assécher.

Par Marie
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 20:50

C’est la prochaine propriétaire qui m’avait dit que Casablanca était la ville du travail.

Je constate qu’il n’est pas difficile pour moi d’en trouver. Je n’ai qu’à tendre la main et on m’en propose.
J'ai déjà passé quatre entretiens au cours desquels il m'a été dit que mon CV était très intéressant. Tout le monde se montre prêt à m'embaucher dans l'heure, après tout dépend de ce que moi je suis prête à accepter en terme de conditions de travail.

Visiblement, être titulaire de l’Education Nationale c’est un passeport qui ouvre de nombreuses portes. L’Alliance française me propose de m’employer à la vacation, 18 heures par semaine payée 150 dhs de l’heure mais il n’est pas question pour eux non plus que je sois absente pendant les vacances. Pourquoi veulent-ils tous me faire travailler pendant les vacances ?
(Anecdote amusante. Pour aller à l'Alliance Française pour mon rendez-vous avec le directeur, j'ai pris le petit taxi. Le chauffeur de taxi m'a demandé si les cours de français étaient bien à l'alliance française. Je lui ai dit que je venais d'arriver et que je n'avais pas encore d'avis sur la question. Il m'a dit qu'il voulait que ses deux fils prennent des cours de français mais que c'était trop cher dans ces structures. Il m'a demandé mon numéro de téléphone pour que je leur donne des cours particuliers et il ne m'a pas fait payer la course !!!!)


Je préfère donc ne pas travailler pendant les vacances et heureusement, l’avocat est là. 

Je suis retournée hier au centre de langues qui voulait employer pour donner des cours à cet avocat. J’ai demandé un manuel et j’ai seulement dit que je trouvais que 125 dhs c’était très peu et que je préférais travailler pour 150. Le directeur a dit oui immédiatement (ce qui fait dire à Vincent que j’aurais dû demander 200 !!)

(Parenthèse. J'avais rendez-vous à 12h et quand je suis arrivée, on m'a dit de revenir à 14h. J'avais chaud, faim, je portais un sac lourd, situation typique où, en France, je m'installe à une terrasse irradiée du bonheur  d'une pause à gribouiller mon cahier en regardant les gens passer. J'essaye les fameuses "twin" : les indications en bas manifestent la présence de deux cafés au deuième étage. Un vigile m'arrête en me disant qu'il n'y a rien au deuxième étage. Je lui demande, naïve, pourquoi les escalators viennent jusque là. "Il y a deux cafés là", me répond-il. Moi, doublement naïve : "je peux y aller".
"Mais madame c'est Ramadan"... (avec l'accent)
"Mais Monsieur je suis française..."
"Bienvenue".
Je suis écrasée par l'échec, sillonne quelques rues et là, j'aperçois avec un bonheur  inexprimable un vénéré Mac do !!! Et oui, les américains, jusqu'à preuve du contraire ne font pas le Ramadan ! Yann m'avait dit que c'était le seul endroit où on pouvait manger à Rabat. Je suis prête à tout pourvu que je mange !!! Je crois qu'en fait, au-delà du jeûne, ce qui m'insupprte, c'est qu'on m'enlève des libertés. J'ai d'autant plus besoin de manger qu'on essaye de m'en empêcher !!!!! Fin de parenthèse)

J’ai rencontré mon avocat ce matin, il a reçu sa première heure et demi de cours. Sa première qualité est qu'il se moque de faire deux fois plus de cours une semaine et pas du tout la semaine suivante. 

Il est très motivé, comprend vite (bien que je lui parle exclusivement en italien), répète bien et en une heure et demi, c’est deux semaines de cours de quatrième que nous avons faites ! Il est aussi très très sérieux et ne fait aucun commentaire. Si il en a fait un.

En voyant la photo de Benigni dans le manuel, il a dit « ah, ce type là je suis incapable de dire son nom mais c’est du bonheur, de la joie de vivre. Quand je l’entends parler, je me sens ridicule ».

Il veut prendre des cours d’italien car il rêve de visiter la Sardaigne.

Les deux bonnes nouvelles du jour sont : le A+ en récitation de poésie d’Arthus (waou ! son père a fêté ça avec une bouteille de Fanta !) et le bureau des examens de l’Ambassade du Maroc qui m’a contactée pour que je fasse passer la totalité des examens d’italien en mai et en juin.

 

Je me suis promenée dans la Médina de Casa et ce qui m’a le plus surprise c’est la quantité de magasins minuscules. Des coiffeurs avec un seul siège à l’intérieur, des vendeurs de tissus dans des pièces de la taille des toilettes, des quincailliers grands comme des boîtes à outils.
 

Tous les petits métiers sont représentés des rémouleurs, des semelleurs, des rapièceurs, des renseigneurs, des porteurs,…

Et puis, je suis allée au centre culturel hyper populaire de notre futur quartier, le Maârif et j’ai eu une nouvelle confirmation d’une ville qui a deux rythmes.

On m’avait conseillé de demander des informations à la Fédération des Œuvres Laïques pour Arthus en me disant que c’était bon marché. J’ai trouvé dans le bureau d’information une majorité de français ou des Marocains qui ont leurs enfants au lycée Lyautey (il en était question au moment où je suis arrivée). Les frais d’inscription pour l’année pour les activités : 4500 dhs.

Au Maârif, le frais d’inscription pour l’année pour les activités : 200 dhs !!!!!!

Alors évidemment, les locaux sont pourris et il n’y a pas de brochure en papier glacé (les information semblent trop changeantes pour qu'ils les couchent sur papier) mais ils sont très sympas et c’est le « service public ».

Et une autre moto break :

 

Par Marie
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 17:07
JOYEUX ANNIVERSAIRE FAB !!!!!!!!!
Par Marie
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