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Et bien on peut dire que ce séjour en Espagne n’a pas été une partie de plaisir…
J’ai sombré jeudi dans une léthargie progressive liée à une attaque imprévue et bien agressive de microbes. Après une journée de sommeil peu reposant, vendredi matin, je n’étais pas en très grande forme : un peu de fièvre, légers maux de gorge, et surtout d’horribles maux de tête… rien de très inquiétant mais comme on devait partir, j’ai quand même contacter le médecin.
Elle est arrivée armée de masques et de désinfectant, me disant que j’avais tous les symptômes réunis pour une grippe A, la fameuse. Elle a dégainé des tas d'outils, précisé que, bien sûr, ça pouvait être une autre maladie mais affirmant que, dans le contexte, actuel peu de gens se payaient l'originalité d'une autre maladie que la star des ondes. Elle a tout de même convenu que je n'étais pas à l'article de la mort et que ça n'avait pas l’air si grave que ça. Elle me fait une ordonnance à entrée multiples : si l’état est stationnaire paracétamol et vitamine C, si vous toussez plus, corticoïde, si ça s’aggrave, tamiflu. Tout y était, on a pris la route sans appréhension, d’autant plus que j’allais bien mieux. On a déposé l’enfants chez ses copains à Rabat avant de poursuivre vers le nord. Le voyage était un peu long, surtout parce que qu’on s’est bien allongé la route en passant par Tanger, mais c’était assez marrant de constater que, parmi les voitures qu’on doublait, une sur deux transportait un mouton !!! (sans hyperbole)
(photo prise au péage... snif)
Arrivés à la douane, ça commence à être moins drôle. Il fait nuit, froid, il y a du monde, la fièvre commence à remonter et le douanier nous dit que je ne peux pas sortir du territoire marocain parce que j’ai dépassé la durée autorisée. On est entrés sur le territoire le 29 août, on était le 27 novembre… mais allez expliquer à un douanier qu’il se trompe sans qu’il s’énerve alors que c’est lui qui a, dans la main, la seule chose qui ouvre toutes les frontières : Le tampon ! Tergiversations, explications, questions, appel d’un premier chef, appel d’un second chef et enfin, menaces : « si elle sort aujourd’hui, elle ne pourra pas rentrer sur le territoire demain ».
Je ne sais pas à quel point tout ça est clair pour quelqu’un qui ne nage pas dans la situation, j’ai peut-être éludé des passages importants. Vincent n’a pas de problème parce qu’il a un contrat de travail et des plaques jaunes en plus ! Lui, il peut faire ce qu’il veut et passer la frontière 25 fois dans la journée, on lui sourit en lui faisant signe de passer. Moi, je n’aurais pas de problème si j’étais mariée avec quelqu’un qui a aussi peu de problème mais le pacs n’est pas reconnu… J’aurais également moins de problème si on acceptait de me faire un contrat de travail mais personne ne veut : ça leur coûte trop cher…
Bon, revenons à notre frontière… on a poireauté une heure et demi dans le froid ce qui évidemment, n’a pas vraiment amélioré mon état de santé. Ils nous ont finalement laissé sortir (ils n’avaient pas vraiment le droit de ne pas me laisser sortir puisque je n’avais pas dépassé le délai) mais en nous disant bien que je devais rester 4 jours avant de rentrer à nouveau au Maroc. L’unique autre possibilité étant que je prenne le bateau jusqu’à Algeciras puis de là jusqu’à Tanger où Vincent pourrait venir me récupérer… je ne sais pas si c’est possible de suivre un tel imbroglio !
Bref, il était tard le soir, on est rentrés en Espagne, on a garé la voiture, on a trouvé une chambre. Tout ce dont j’ai été consciente, dans ma torpeur, c’est que dès que la frontière est passée, on n’est plus du tout au Maroc. Etrangement, les gens ne parlent plus du tout français mais ça ressemble quand même beaucoup plus à la France !
Des voitures qui roulent tout doux, des décorations de Noël partout, des mini jupes, des filles qui font leur jogging en survêtements moulants, des illuminations extravagantes, des femmes aux terrasses des cafés en train de boire !
Je ne pourrais pas en dire beaucoup plus, je me suis effondrée dans un sommeil fiévreux et j’ai somnolé les 24 heures suivantes de la voiture au lit et du lit à la voiture.
Le lendemain matin, on est retournés au poste de frontière pour passer dans l’autre sens, et comme prévu, on nous a dit que je ne pouvais pas rentrer sur le sol marocain. Deux possibilités s’offraient à moi : rester 4 jours à Ceuta ou remonter en Espagne en bateau pour revenir par Tanger (sans avoir la certitude que je n’aurai pas de problème à la douane de Tanger)… mais la seule chose que je pouvais faire sans trop de difficultés c’était roupiller dans la voiture ! Palabres, sourires, attente. Une heure après on nous a finalement laissé passer tous les deux… dans un grand grand soulagement général.
Depuis, je n’ai plus de fièvre mais la toux et le mal de tête persistent !
Notre première vision, à l’entrée au Maroc, c’est un boucher avec un grand tablier blanc maculé de sang et un long couteau dans la main !
Ca nous a tout de suite remis dans l’ambiance mouton de l’Aïd ! Pendant qu'on se débattait à la frontière, 6 milions de moutons ont été abattus au Maroc !
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